Cet atlas, composé de carrés de 200 mètres de côté sur un fond OpenStreetMap, se compose de 576 cartes (6 par département). Il a vocation à faciliter les analyses économiques et sociologiques de la France métropolitaine, voire les analyses culturelles et politiques. Il privilégie les zones urbaines sinon un peu habitées : villes, banlieues, centres de villages (cf. note 1).
Toutes les cartes donnent des informations identiques lorsque vous survolez un carré avec la
« souris »1 .
Seules les légendes changent. Une information typique est du genre (détails
note2 )
a ind dont b mén
RevMens: c; RevVirt: d
Sup 55 ans: e%; 11-24 ans: f%
Les cartes sont aussi « zoomables »3 . La vitesse de restitution dépend du navigateur utilisé du réseau, etc. Pour « (dé)zoomer », je conseille l’usage des options + et − en haut à gauche des cartes. Dans le rendu standard, un niveau de zoom minimal est choisi pour deviner la structure en carrés de la carte (parfois au détriment d’une vue générale). Le déplacement s’opère de façon habituelle, mais il ne faut pas le réaliser trop brusquement, au risque de se retrouver en Sicile ou en Finlande.
Pour faciliter la lecture, les cartes sont décomposées par
département4 .
Exemple : carteD69*.html. Le * est un thème, décrit ci-après.
Les cartes du type carteDXXR.html (XX allant de 01 à 95, en passant par 2A et 2B), décrivent les carrés les plus riches. Elles sont comparables entre départements (mêmes seuils).
les cartes carteDXXP.html sont aussi comparables et détaillent les carrés les plus pauvres.
les cartes carteDXXI.html sont comparables et se focalisent sur les carrés dits « intermédiaires » (ni riches ni pauvres).
les cartes carteDXXC.html sont comparables et se focalisent sur les écarts de richesse (positifs et négatifs) entre 2015 et 2021 : sur une période de 6 ans.
Les cartes carteDXXRL.html décrivent les carrés riches et sont « locales » (usage des déciles de revenus du département). Elles ne sont pas comparables les unes aux autres.
les cartes carteDXXPL.html décrivent les carrés pauvres et sont aussi « locales », non comparables.
Il s’ensuit que :
À l’exception des cartes de type C, la charte de couleurs est la même : chaudes pour le thème décrit. Soit du rouge pour les extrêmes, sinon de l’orange ou du jaune. Les carrés hors-thème ont alors des couleurs discrètes et froides (bleu, turquoise...). La prudence est de mise : les carrés rouges d’une carte de type R renvoient aux carrés les plus riches alors que les carrés rouges d’une carte de type P renvoient aux carrés les plus pauvres. Dans tous les cas, les légendes sont explicites et aident à ne pas se tromper.
Une cartographie différente des mêmes données est disponible sur le site de l’Insee : https://www.insee.fr/fr/outil-interactif/7737357/map.html. Elle est d’excellente qualité, mais donne moins d’informations pour chaque carré, combine moins de données et n’offre pas de comparaison entre 2015 et 2021.
L’idée de ce projet cartographique est de repérer des profils de quartiers et non pas de localiser des individus pauvres ou riches — chose par ailleurs impossible, au vu des catégories disponibles.
Les cartes relèvent plutôt d’une photographie urbaine. Le but étant de repérer non pas des quartiers aisés ou pauvres, mais des carrés qui en ont l’allure, sachant que nos très riches et très pauvres sont assez masqués par l’Insee.
Pour toutes les cartes, les revenus sont établis par « personne » et par mois (cf. note 11). Je calcule aussi un revenu « virtuel » qui témoigne de la variance du carré décrit5 , auxquel j’ajoute aussi un léger facteur « vieillesse »6 .
L’Insee fournit 2 298 582 carrés dont 517 700 sont bien informés (plus de 11 ménages, donc pas ou peu redressés. Cf. note 1).
Les revenus de ces carrés vont de 800 à 6 100 €. On en déduit un écrétage des seuils pour les très riches et les très pauvres, malgré une amélioration depuis 2010 (cf. https://www.ericguichard.fr/articles/GBB-Geographie-sociale-telephonie-2023.pdf), quand aucun carré n’avait de revenu mensuel moyen supérieur à 2 500 € (les déciles 8, 9 et 10 étaient rabattus sur la base du 8e).
Il reste néanmoins délicat d’appréhender les carrés aisés. J’en ai dénombré 41 814, soit 8% des carrés étudiés. Ces zones d’habitation sont repérées par les critères suivants :
Ainsi, pour arriver à 8% de carrés riches, il faut accepter des carrés de revenus moyens de 2 500 €. Et ceux de 4 000 € ou plus ne sont que 2 205 (4 pour mille), ce qui est minime.
L’Observatoire des inégalités définit les 5% les plus riches comme les personnes ayant un revenu mensuel supérieur à 5102 € (https://www.inegalites.fr/echelle-des-revenus). Ce qui correspond à 97 de nos carrés, pour toute la France. Même si certains pauvres peuvent être voisins de très riches (et donc faire baisser la moyenne du carré considéré), on comprend que ces 5% les plus riches disparaissent de nos cartes, du fait des choix de l’Insee.
Les critères pour définir un carré pauvre sont les suivants7 :
Comme pour le cas précédent, les critères pour arriver à 27% de carrés pauvres8 sont assez généreux : les très pauvres sont absents. Par ailleurs, ce seuil de 1 800 € me semble celui en deçà duquel il est très difficile de vivre en ville. Ces choix résultent aussi des analyses économiques sur le lent déclin et le délabrement social de la France.
Ce sont ceux qui ne peuvent être classés dans les catégories précédentes. Au strict plan des revenus moyens, il existe quelques chevauchements (en 2021) entre les catégories R, I, P : je ne voulais pas m’appuyer seulement sur les revenus pour définir ces trois groupes. Par exemple, il y a 1 394 carrés pauvres de revenu d’environ 1 900 € et 51 447 tels carrés intermédiaires. 17 453 carrés riches ont un revenu entre 2800 et 2900 €, comme 627 intermédiaires. Cf. graphique 1.
Mais un carré est exclusivement R, I ou P, jamais l’un et l’autre.
Sur ces 517 700 carrés décrits en 2021, 472 346 peuvent être comparés aux données de 2015 (91%). Pour tenir compte de l’évolution des revenus au fil des ans, j’ai repris les informations connues sur leur accroissement moyen (+11% sur 6 ans) et les ai calées sur 2015. La formule est donc
Les disparités, arrondies à 5% près, sont importantes : entre -55% et + 160%, même si le mode (la bosse centrale) reste à 0 : 298 871 carrés voient leur évolution comprise entre -5% et +5% (63% des carrés). Pour autant, 78 926 carrés sont dégradés (baisse de revenu ≥ 10%, soit 17% des carrés).
À l’inverse, 94 639 carrés (20%) affichent une progression supérieure ou égale à 10%. La disparité territoriale sur 6 ans est donc forte. Le graphique 2 précise ce point et les cartes de type C en rendent compte, et affichent cette variation en sus des informations standard.
Comme indiqué, elles s’appuient sur les déciles de revenu de chaque département.
Les cartes de carrés pauvres (PL) décrivent finement les trois premiers déciles (carrés rouges, oranges, jaunes). Celles de carrés riches (RL) décrivent finement les trois derniers déciles (8, 9 et 10, carrés resp. jaunes, orange, rouges). Dans chaque cas, les carrés opposés à un thème (riches, pauvres) ont une couleur bleu léger et les carrés intermédiaires une couleur bleu ciel.
En théorie, il y a 3 déciles donc 3 couleurs pour le thème cartographié et ce thème réfère à 30% des carrés décrits9 . De même pour le thème opposé. Les carrés intermédiaires (bleu ciel) composent les 40% restants.
En pratique, comme les revenus sont arrondis à 100 € près, des déciles peuvent se confondre. En ce cas, un « Qx = Qy » est indiqué dans la légende et il n’y a que deux couleurs pour le thème étudié. Cet arrondi a aussi un effet sur les pourcentages généraux, qui peuvent s’écarter des proportions 30/40/30.
Pour ces cartes, les notions de « riches », « pauvres », « intermédiaires » n’ont aucun rapport avec celles des trois premiers types de cartes (R, P, I), qui visaient à la comparaison. Par exemple, en Ardèche, un carré de personnes gagnant en moyenne 2 200 € par mois aura dans la carte PL associée une couleur de « riches », ce qui peut surprendre en première lecture.
Le point 2 m’a invité à compléter les cartes « comparables » avec des cartes « locales », qui s’appuient sur les quantiles (rarement comparables) des revenus exacts des départements. Comme indiqué, ce sont les cartes avec un « L » dans le titre.
L’Insee met à disposition les coordonnées de carrés habités de 200 mètres de côté et diverses variables associées, principalement économiques et démographiques. Les mots clés sont « Filosofi » et « données carroyées ».
Les premières variables sont les revenus fiscaux par unité de consommation (UC) « winsorisés »11 .
Notons que la référence au revenu imposable masque des situations fort diverses : entre l’agriculteur ou la restauratrice préférant investir dans leur activité plutôt que de s’offrir un salaire correct, les allocations de solidarité non intégrées et les placements divers pour obtenir des réductions d’impôts, les chiffres finaux relatifs aux « revenus » d’un carré finissent par être floutés. La lecture des cartes doit donc se faire en gardant en mémoire ces réalités et les choix méthodologiques et politiques opérés par l’Insee.
Les secondes variables sont de type démographique : nombre total d’individus, de ménages, de ménages de 5 personnes et plus et nombre de personnes d’une classe d’âge donnée (enfants, adolescents, etc.). D’autres variables, comme le nombre de ménages en logement social, le nombre de ménages solitaires ou la surface cumulée du logement, sont aussi proposées.
Au titre des précautions, rappelons que ces données s’appuient sur les « résidents » et ne signalent en rien les migrations saisonnières, par exemple liées au tourisme. Et, comme indiqué plus haut, la photographie sociale des carrés ici produite est un peu « jaunie », ce qui lui donne du charme mais ne garantit pas sa véracité ni son actualité.
Elles sont tirées des sources précitées ou calculées à partir de ces sources. Les valeurs entières sont arrondies à la centaine ou à la dizaine près (revenus, surfaces); les pourcentages à 5% près.
Les programmes à l’origine des cartes sont bien emboîtés les uns dans les autres. Il s’ensuit qu’il est aisé de refaire12 un jeu de cartes avec d’autres critères (ex. : seuils de richesse et de pauvreté), d’autres jeux de couleurs ou porteuses d’autres informations, incluant la possibilité d’afficher plus de carrés peu peuplés. N’hésitez pas à me contacter à l’adresse fctfcontact arobase free point fr si vous en désirez de nouvelles ou si vous avez des idées originales.
À terme (et avec d’autres), je compte utiliser d’autres techniques pour (par exemple) produire des jeux de cartes qui intègrent la France entière.
J’imagine aussi superposer ces cartes avec des résultats électoraux (abstention, etc.) ou liés aux infrastructures (cf. https://www.ericguichard.fr/carto/sociotel).
Département 04 : Alpes-de-Haute-Provence
Département 06 : Alpes-Maritimes
Département 13 : Bouches-du-Rhône
Département 17 : Charente-Maritime
Département 22 : Côtes-d’Armor
Département 31 : Haute-Garonne
Département 35 : Ille-et-Vilaine
Département 37 : Indre-et-Loire
Département 44 : Loire-Atlantique
Département 47 : Lot-et-Garonne
Département 49 : Maine-et-Loire
Département 54 : Meurthe-et-Moselle
Département 62 : Pas-de-Calais
Département 64 : Pyrénées-Atlantiques
Département 65 : Hautes-Pyrénées
Département 66 : Pyrénées-Orientales
Département 71 : Saône-et-Loire
Département 76 : Seine-Maritime
Département 77 : Seine-et-Marne
Département 82 : Tarn-et-Garonne
Département 90 : Territoire de Belfort
Département 92 : Hauts-de-Seine
Département 93 : Seine-Saint-Denis